5, rue La Pérouse 75116 PARIS
Ligne secrétariat : 01 47 23 98 22    Ligne "Écoutant" : 01 47 23 05 08
Accueil |  Nous contacter | Conseils de prévention : le document de référence |  Rechercher 
Dimanche 12 octobre 2008 il est 12:33                           Dernière modification : 27 février 2008 à 12:00
Qu'est-ce que c'est que la mort subite du nourrisson ?
Définie comme la mort brutale et inattendue d'un petit bébé à priori bien portant et survenant pendant son sommeil, la mort subite du nourrisson (MSN) est plus une circonstance de décès qu'un réel diagnostic médical : la ou les cause(s) de cet accident seront diagnostiquées grâce à une enquête approfondie et rigoureuse (circonstances exactes, examen clinique, examen biologique, radiologique et autopsie médico-scientifique). Cette mort brutale peut survenir dans tous les lieux de vie de l'enfant, au domicile, en crèche, chez une assistante maternelle, en vacances, en voiture... et concerne donc de nombreux professionnels et tout l'entourage des bébés.

Une mort particulière ?
Profondément douloureuse comme toute mort d'enfant, ses circonstances de survenue sont très particulières :
  • Par définition, rien ne pouvait la laisser prévoir chez un bébé en bonne santé apparente.
  • A première vue, elle apparaît comme complètement incompréhensible.
  • Elle survient dans les premiers mois où tout un réseau relationnel se tisse autour de lui.
  • A cet âge, l'enfant est encore totalement dépendant de l'adulte qui s'en occupe.
La découverte ou l'annonce du décès est un choc très violent, comme foudroyant, irréel, toujours très déstabilisant. A plus long terme, les parents peuvent rester très vulnérables ou très angoissés.

La culpabilité est ici particulièrement intense et inévitable. Les parents se savent responsables de leur enfant et pensent qu'ils ont failli en ne pouvant éviter sa mort. Culpabilité parfois renforcée par le fait de n'avoir pas été là, ou d'avoir minimisé l'importance des conseils de prévention, pourtant lus et entendus. Un profond sentiment d'injustice s'y mêle souvent. La mise en évidence d'une cause médicale ne suffit pas toujours à apaiser la souffrance de la famille.

L'identité de "parents" est ébranlée. Ils se sentent " déparentés" puisqu'il n'y a même pas de mot pour désigner des parents qui ont perdu leur enfant. Leur solitude est souvent très vive, ainsi que pour toutes les morts de tout-petits, rapidement oubliés par l'entourage. Combien de parents quelques années plus tard, se sentent seuls au monde à aimer encore cet enfant qui a si peu vécu ?

Les statistiques sont-elles rassurantes ?

En France, comme dans tous les pays où des campagnes de prévention sur le couchage et l'environnement du nourrisson ont été menées, une baisse de 75% environ de la mortalité par MSN a été enregistrée depuis le début des années 90. Le dernier chiffre actuellement connu en France est celui de 1997 où 360 bébés sont morts subitement soit 10,5 % des décès avant un an (mortalité infantile globale).
Certains facteurs de risque majeurs sont accessibles à une prévention facile, peu coûteuse et efficace, mais pas encore suffisamment ancrée dans les habitudes. Ainsi, on espère encore des progrès pour faire baisser ce chiffre. L'absence de données officielles en France pour 1998 et 1999 fait craindre une stagnation de cette évolution.

Quelle compréhension de ce phénomène ?
La conception médicale actuelle de la MSN est celle d'un accident multifactoriel. Le terme "accident" rend compte du caractère apparemment aléatoire de ces décès, pouvant toucher n'importe quel bébé. De multiples facteurs interviennent, de façon plus ou moins associée :
  • Les facteurs de maturation des systèmes de contrôle des grandes fonctions vitales (rythme cardiaque, respiratoire, sommeil, immunité). Cette maturation s'effectue progressivement dans les premiers mois de vie avec d'importantes variations individuelles.

  • Les causes déclenchantes, diagnostiquées par le bilan post-mortem, sont souvent des pathologies habituelles dans cette tranche d'âge. Elles sont nombreuses, variées, très souvent cumulées. Les plus fréquentes sont des infections bactériennes ou virales. respiratoires ou disséminées; l'hyperthermie, soit d'origine infectieuse. soit liée à l'environnement (enfant trop couvert dans un milieu surchauffé); le reflux gastro-oesophagien compliqué avec hyper-réflectivité vagale ; les malformations cardiaques ou O.R.L. plus rares, ainsi que les maladies métaboliques rarissimes. Enfin, dans un certain nombre de cas, aucune cause ne peut être mise en évidence : on parle alors de mort subite inexpliquée du nourrisson.

  • Les facteurs de risque sont de mieux en mieux connus. Si certains sont peu accessibles à une prévention : risque plus important dans les premiers mois de vie (2 à 5 mois). chez le garçon, conditions socio-économiques défavorables, prédominance hivernale... beaucoup d'autres facteurs sont très facilement évitables :
    • tabagisme passif pendant la grossesse et/ou après la naissance,
    • environnement hyperthermique,
    • position ventrale pendant le sommeil dans une literie dangereuse. La position sur le côté comporte également un risque de basculement non négligeable. Le danger de la position ventrale est principalement lié au risque d'accident asphyxique dans une mauvaise literie. au risque de confinement lorsque l'enfant se place la tête face au matelas, et au risque d'hyperthermie dont les conséquences sont aggravées dans cette position.
Comment encore progresser ?
Les conseils de couchage doivent maintenant rentrer dans les habitudes de toutes les personnes s'occupant de nourrissons, jeunes parents, entourage familial et l'ensemble des professionnels concernés depuis les consultations anténatales jusqu'aux réseaux de garde. L'expérience prouve que de trop nombreux décès sont favorisés par des imprudences concernant les conditions de couchage. On peut également espérer progresser en encourageant l'allaitement maternel. en incitant fortement les futures mamans à arrêter de fumer et à limiter le risque infectieux dans les premiers mois de vie.
Les quelques réticences encore constatées par rapport à la position dorsale de sommeil chez le nourrisson doivent pouvoir trouver des solutions simples : apprendre à l'enfant à se tenir à plat ventre alors qu'il est réveillé lui permettra de faire mieux face lorsqu'il se retournera spontanément pendant son sommeil, ses premiers retournements auront moins de risques si l'enfant est couché dans une literie de sécurité. L'aplatissement postérieur du crâne observé chez un certain nombre d'enfants peut être évité en favorisant la rotation de la tête de l'enfant lorsqu'il est éveillé, en regardant un mobile, la lumière, ses jouets...
C'est l'enjeu d'une nouvelle campagne de prévention que d'éviter la mort de centaines d'enfants encore chaque année !
Pratique
Recevez notre lettre
d'information électronique
Inscription
Désinscription
Notre boutique
Logo de Bootiketik
Chacun de vos achats constitue un soutien financier pour notre association.
D'avance, merci.
Conférences
Logo des Pompes Funèbres GénéralesRetrouvez le calendrier des conférences et congrès des Pompes Funèbres Générales

| Infos légales  | Assistance technique  | Crédits | 
Copyright JCN Consultant 2008-2009